Etat de Bolivar.

Publié le par Thierry Planche

 

De CARACAS, une heure d’avion suffit pour rejoindre Ciudad Bolivar, la capitale du pays minier vénézuélien.

Bâtie sur le coude le plus étroit du fleuve Orénoque, c’est une ville importante qui a gardée l’atmosphère d’une petite cité.

La chaleur y est torride dès le lever du jour et la vie s’y arrête à l’heure de la sieste. Autrement dit, Bolivar ne commence à être intéressante et vivable qu’à la nuit tombée ; lorsque s’animent les tascas, sorte de bals musettes sud américain où le rhum et la caña coulent à flots, au son de la salsa, du mambo et de la rumba.


Tous les soirs, depuis notre arrivée, nous y retrouvons invariablement les amis de Thierry ; des expatriés français, une bande de joyeux fêtards que mon pote a connu pendant l’époque héroïque, celle ou l’on ramassait l’or et les diamants à la pelle, dans le Rio Caroni.

La grande ruée du début des années 90, avec ses centaines de dragues et ses milliers de minéros déjantés.


« C’était l’eldorado…me raconte Thierry. Nulle part au Venezuela on avait encore vu ça…. Les mecs rappliquaient de partout…même du Brésil…Et il à fallu bâtir une ville en préfabriqué pour loger tout le monde…PLAYA BLANCA, elle s’est appelée. »


« Elle avait ses bodegas ( bars ), ses salles de billards et même ses hôtels de passe, renchérit un de nos compagnons de beuveries. T’aurais vu l’ambiance les jours de pactole, ça donnait… le problème c’est que tous les dragueiros étaient armés et que parfois ça finissait mal…Il à vite fallu que la guardia vienne assurer la sécurité…C’est ce qu’elle à fait un certain temps, après elle c’est surtout contenté de racketter les immigrés… »


«  Moi je travaillais sur la drague d’un français, reprend Thierry ; il y en avait quelques-uns à Playa Blanca, qui formaient une petite colonie à part. Nous, on traquait surtout le diamant…Pour casser la couche de sédiments du fleuve, solides comme du ciment, on utilisait des missiles de deux tonnes et une pompe suceuse aspirait la cape ( couche de sédiments composés de sable et d’argile) avant de l’expédier sur des trieuses qu’on appelle ici des lava dores. Quand le fleuve donnait, on n’interrompait pas les machines, tout juste on dormait à tour de rôle à côté du moteur dans les hamacs…le bon temps.

 
Texte de Jean-Pierre Brault.  /  Photos de Thierry Planche.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article